Un matin, je me suis réveillée, et j'ai remarqué que j'étais heureuse. Simplement heu-reuse, comme on est blond, brun, noir, jaune,vert ou violet. Je sais pas pourquoi, mais pendant quelques secondes, je me suis dit:« quelque chose ne va pas.» Comme si on ne pouvait pas être simplement content d'être là, vivant.
Il faut toujours une occasion spéciale pour montrer notre joie. Pour les anniversaires, ou alors Noël ou quelque chose du genre. Sinon, on nous pose des tas de questions. Ce jour-là, je m'étais donc réveillée heureuse- pas de bonne humeur, non, juste heureuse- et tout de suite, en me voyant arriver avec mon gros sourire banane de bohneur, Marie-Eve mon amie m'a demande ce que j'avais.
- Qu'est ce que t'as?
- Rien, je suis heureuse, je lui ai dit.
Elle m'a pas cru. Elle voulait savoir à tout prix ce que j 'avais.
Je sais pas pourquoi elle avait tant besoin de connaître la cause de mon bohneur? Voulait-elle me le voler ou simplement me le faire partager? J'ai eu peur, soudainement.
Je suis comme ça, moi. Je n'aime pas partager. On dit que c'est de l'égoïsme. Mais moi, je crois que justement, je partage trop: mon air, mon eau, mon espace. Je partage déjà la planète avec six milliards d'êtres humains! Et en plus, j'ai deux soeurs. Et je suis au milieu, oh drame.
Je n'aime pas partager. Partager mes crayons, ça va, de toute façon, ceux de Fanny sont meilleurs. Partager mon lunch, ça va aussi. J'adore pas trop les sandwichs. Mais je ne peux pas partager mes idées, mes pensées, mes émotions.
Et elle, Marie-Eve, elle en voulait après eux, j'en étais certaine. Sinon pourquoi voudrait-elle savoir pourquoi j'étais heureuse ce matin?Ne me sortez pas cette connerie de curiosité , parce que même si elle n'en avait pas conscience, elle en voulait à mes sentiments.
Ce matin, je me suis réveillée et j'étais triste. Alors j'ai décidé d'ouvrir ce blog. Parce qu'il y aura sûrement d'autres matins où je serais plus heureuse. Et ça, je crois pouvoir le partager avec vous.
et sinon, ya ça...